Camping le Martinet Rouge
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Découvrez le pays cathare : histoire, culture et patrimoine

Le Pays cathare est situé dans le sud de la France, en particulier dans le département de l'Aude (11). La région est célèbre pour ses nombreux châteaux cathares que l'on appelle aussi les citadelles du vertige, accrochées à des pics rocheux offrant une vue imprenable sur les paysages de l'Aude. Ces fortifications médiévales sont des témoins importants de la religion cathare et de la Croisade albigeoise, et attirent chaque année de nombreux visiteurs. Depuis le camping Le Martinet Rouge, à 20 minutes de Carcassonne, la plupart se visitent en une demi-journée.

Les origines de la religion cathare et de la Croisade albigeoise

La religion cathare était un mouvement religieux apparu au 11ème siècle en Europe, qui s'opposait à l'Eglise catholique romaine. La Croisade albigeoise a été déclenchée en 1209 par le pape Innocent III pour éliminer la religion cathare, ce qui a entraîné la destruction de nombreux châteaux cathares.

Une précision que peu de guides donnent, et qui rend la visite bien plus intéressante : la plupart des forteresses que l'on admire aujourd'hui ne sont pas des châteaux cathares à proprement parler. Les places fortes qui abritèrent réellement les communautés cathares furent démantelées après leur prise. Ce que nous voyons dressé sur les crêtes, ce sont le plus souvent des forteresses royales françaises, rebâties après la conquête pour surveiller la frontière avec l'Aragon. Les historiens préfèrent d'ailleurs parler de citadelles du vertige. Loin de gâcher la visite, ce détail l'enrichit : chaque pierre raconte deux histoires, celle de la résistance et celle de la reconquête.

Les Châteaux Cathares : Un voyage dans le temps

Carte des châteaux cathares en Pays Cathare autour de Carcassonne dans l'Aude
Le camping le Martinet Rouge au coeur du Pays Cathare

Votre camp de base au cœur du Pays cathare. Le Martinet Rouge est à 20 minutes de Carcassonne, ouvert d'avril à octobre.

Découvrir les châteaux cathares autour de Carcassonne

La région de Carcassonne est célèbre pour ses fortifications médiévales, mais elle est également connue pour les châteaux cathares qui parsèment son paysage. Voici les dix forteresses les plus marquantes à découvrir depuis le camping, classées de la plus proche à la plus lointaine. Chacune mérite une demi-journée, et rien n'interdit d'en combiner deux quand elles se répondent, comme Peyrepertuse et Quéribus qui se font face à quelques kilomètres.

1. Les châteaux de Lastours, quatre forteresses sur une même crête

Les quatre châteaux de Lastours au coucher du soleil, Aude
Photo : Lesueur André, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

À 15 km du camping. C'est le site le plus proche, et l'un des plus spectaculaires. Sur un étroit éperon rocheux cerné par les gorges de l'Orbiel et du Grésillou, quatre châteaux se succèdent en enfilade : Cabaret, Surdespine, Quertinheux et la Tour Régine. Rien d'équivalent ailleurs en Pays cathare.

Au début du 13ème siècle, ce verrou rocheux appartenait à Pierre-Roger de Cabaret, seigneur redouté qui tenait la route des mines de la Montagne Noire. Cabaret abritait alors une communauté cathare active, avec sa maison de parfaites, ces religieuses qui vivaient au milieu de la population. Simon de Montfort assiégea la place à plusieurs reprises sans jamais l'emporter par les armes : la configuration du terrain, où il faut prendre quatre châteaux successifs sous le feu des trois autres, décourageait les assauts.

La quatrième tour, la Tour Régine, n'a rien de cathare. Elle fut élevée après la conquête, vers 1260, par l'administration royale française. Son nom dit tout : elle marque la présence du roi sur une terre soumise. Quand vous la visitez, vous passez donc en quelques dizaines de mètres du camp des vaincus à celui des vainqueurs.

Comptez une bonne demi-journée. L'ascension se fait par un sentier caillouteux, raide par endroits, et il faut de vraies chaussures. En contrebas, le belvédère de Montfermier offre la vue de carte postale sur les quatre tours alignées : beaucoup de visiteurs commencent par là pour comprendre le site avant de le gravir.

La petite histoire...
En 1209, Pierre-Roger de Cabaret captura Bouchard de Marly, l'un des lieutenants de Simon de Montfort. Plutôt que de le jeter au cachot, il le garda seize mois en le traitant en hôte, partageant sa table et ses conversations. Lorsque la situation militaire devint intenable, ce fut par l'entremise de son prisonnier devenu son ami que Cabaret négocia une reddition honorable, en 1211. Il conserva la vie sauve et une partie de ses terres. Dans une croisade qui se terminait habituellement par le bûcher, l'épisode reste une singularité.

Pour préparer votre visite, nous avons consacré une page complète aux châteaux de Lastours.

2. Le château de Saissac, le trésor caché de la Montagne Noire

Le château de Saissac dominant la vallée, Montagne Noire
Photo : TWojtowicz, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

À 24 km du camping. Accroché au bord d'un à-pic, à l'entrée du village du même nom, le château de Saissac domine la vallée de l'Aiguebelle et ouvre sur la plaine du Lauragais. C'est l'un des rares châteaux du réseau où l'on passe directement des ruelles du village aux remparts.

Sa première mention remonte à 960, ce qui en fait l'un des plus anciens de la région. Il appartenait aux Saissac, une famille acquise aux idées cathares, ce qui lui valut d'être pris et démantelé lors de la croisade. Reconstruit ensuite, il fut remanié jusqu'au 16ème siècle, si bien que l'on y lit plusieurs époques superposées : bases médiévales, tours d'artillerie percées pour les armes à feu, et vestiges d'un logis seigneurial plus confortable que guerrier.

Le site a une particularité technique que les visiteurs remarquent rarement : son système hydraulique. Adossé à la falaise, le château captait l'eau en hauteur et la conduisait jusqu'aux citernes, condition indispensable pour tenir un siège. C'est précisément ce qui manqua à d'autres forteresses de la région.

La visite est l'une des plus faciles du circuit : le stationnement est proche, la montée courte, et le parcours aménagé convient aux enfants. Le village mérite qu'on y flâne ensuite, avec ses maisons en pierre et ses points de vue sur la Montagne Noire. Notre page dédiée au château de Saissac détaille l'accès.

La petite histoire...
En 1979, des travaux de consolidation mirent au jour un trésor enfoui dans les ruines : plus de deux mille pièces d'argent, des deniers tournois frappés sous Philippe III le Hardi, dissimulés au 13ème siècle dans un récipient. Personne ne sait qui les cacha ni pourquoi il ne revint jamais les chercher. Le trésor de Saissac est aujourd'hui présenté sur place, et il a cette qualité rare de rendre tangible une inquiétude vieille de sept siècles : quelqu'un, un jour, a eu suffisamment peur pour enterrer toute sa fortune.

3. Le château de Termes, quatre mois de siège et un orage

Le château de Termes sur son promontoire dans les Hautes-Corbières
Photo : OlivierDeTermes, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

À 29 km du camping. Perché au-dessus des gorges du Sou, dans le massif sauvage des Corbières, Termes se mérite. Le château est aujourd'hui en ruines, mais l'ampleur du site et l'isolement du lieu produisent une impression que les forteresses restaurées n'égalent pas.

Termes fut le théâtre du siège le plus long des premières années de la croisade. D'août à novembre 1210, Simon de Montfort s'épuisa devant la place tenue par Raymond de Termes. Quatre mois durant, machines de guerre, sapes et assauts se succédèrent sans résultat. La position, protégée par des ravins sur trois côtés, était réputée imprenable.

Ce ne sont pas les armes qui en vinrent à bout, mais l'eau. La citerne s'étant tarie, les assiégés étaient sur le point de capituler quand un orage providentiel remplit les réserves et leur rendit espoir. L'eau croupie qu'ils burent ensuite provoqua une épidémie de dysenterie qui décima la garnison. Termes tomba en novembre, non par la force, mais par la maladie. Le château fut ensuite tenu par les rois de France, avant d'être démantelé en 1653 sur ordre royal.

L'accès demande une marche d'une quinzaine de minutes sur un sentier bien tracé. Prévoyez un chapeau : les Corbières offrent peu d'ombre et le site est très exposé en plein été. Le matin ou la fin d'après-midi sont les meilleurs moments, pour la lumière comme pour la fraîcheur.

La petite histoire...
Le fils de Raymond de Termes, Olivier, est l'un des personnages les plus étonnants de cette époque. Dépossédé, il devint faidit, c'est-à-dire chevalier hors-la-loi, et guerroya des années contre les Français. Puis il se rallia, si bien qu'il finit par partir en croisade en Terre sainte aux côtés de Saint Louis, qui lui accorda son estime et la restitution de ses biens. Le fils du vaincu de Termes est mort en Palestine, en officier du roi de France.

4. Le château d'Arques, le donjon le plus élégant des Corbières

Le donjon du château d'Arques dans les Corbières, Aude
Photo : Tournasol7, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

À environ 45 km du camping. Arques surprend. Alors que les autres sites sont des ruines perchées, celui-ci présente un donjon presque intact, planté au milieu d'un pré verdoyant, à portée de voiture. C'est la visite la plus accessible du circuit, et sans doute la plus photogénique.

Il faut être honnête sur son histoire : Arques n'est pas un château cathare. Le donjon que l'on admire fut construit à la fin du 13ème siècle par la famille de Voisins, et plus précisément par les descendants de Pierre de Voisins, compagnon d'armes de Simon de Montfort récompensé par ces terres après la croisade. C'est donc un château de vainqueurs, élevé sur une seigneurie confisquée aux vaincus.

Cette origine explique sa qualité architecturale. Loin de l'urgence défensive des nids d'aigle, Arques est une œuvre construite avec des moyens et du temps : un donjon quadrangulaire de vingt-cinq mètres, flanqué de quatre tourelles d'angle en encorbellement, avec des voûtes soignées et des cheminées. On y lit le passage de la forteresse de guerre à la résidence de prestige.

La visite convient particulièrement aux familles avec de jeunes enfants : pas d'ascension, pas de vide, et l'on monte par un escalier intérieur jusqu'aux étages. Dans le village, la maison de Déodat Roché, historien du catharisme né ici, abrite un espace d'exposition qui complète bien la visite. D'autres idées de sorties dans notre guide de la région de Carcassonne.

La petite histoire...
Arques se trouve à quelques kilomètres de Rennes-le-Château, le village de l'abbé Saunière, ce curé de campagne qui se mit à dépenser sans compter à la fin du 19ème siècle. L'énigme de sa fortune a nourri une littérature considérable, des sociétés secrètes au trésor des Wisigoths, jusqu'à inspirer des romans à succès. Rien n'y est démontré, mais la route qui relie les deux sites traverse des paysages qui expliquent assez bien pourquoi les légendes prospèrent dans ce coin des Corbières.

5. Le château de Puivert, la salle des musiciens

Le château de Puivert et son donjon, Quercorb
Photo : Lucas Destrem, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

À 55 km du camping. Aux confins du Quercorb, face aux premiers reliefs pyrénéens, Puivert occupe un large plateau herbeux qui tranche avec l'aridité des Corbières. Son donjon carré de trente-cinq mètres se voit de loin.

Avant la croisade, Puivert était une cour raffinée, réputée pour l'accueil qu'elle réservait aux troubadours. On y chantait, on y composait, et la poésie occitane y trouvait des protecteurs. En novembre 1210, cette parenthèse s'acheva en trois jours : le château, moins défendable que les nids d'aigle des Corbières, tomba presque aussitôt assiégé. Il passa aux mains de Pons de Bruyère, un seigneur du nord.

Le château actuel date pour l'essentiel du 14ème siècle, reconstruit par cette nouvelle famille. C'est là que se trouve sa merveille : la salle des musiciens, au deuxième étage du donjon. Huit culs-de-lampe sculptés y représentent des musiciens jouant du luth, de la cornemuse, du rebec, du psaltérion, de la vielle à roue, du tambourin, de la flûte et de l'orgue portatif. Cet ensemble est unique en France. Pour les spécialistes de la musique médiévale, ces sculptures constituent un document de premier ordre sur les instruments réellement pratiqués à l'époque.

La montée est douce et courte, l'aire de pique-nique agréable, et le site se prête bien à une sortie en famille dans l'Aude. Le musée du Quercorb, au village, prolonge la visite avec des reconstitutions d'instruments d'après les sculptures du château.

La petite histoire...
Une tradition locale raconte qu'en 1279, un lac occupait la cuvette en contrebas du château. La dame du lieu, trouvant la vue monotone, aurait demandé qu'on l'abaisse un peu. Les ouvriers auraient creusé la digue naturelle avec trop d'ardeur : le lac se vida d'un coup et le flot dévasta la vallée jusqu'à Mirepoix, emportant le pont et une partie de la ville. La rupture de la digue de Puivert est un fait historique attesté. La dame impatiente, elle, est probablement une invention. On ne se lasse pas de la raconter.

6. Le château d'Aguilar, la sentinelle au milieu des vignes

Le château d'Aguilar près de Tuchan, entouré des vignes de Fitou
Photo : ArnoLagrange, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

À 58 km du camping. Près de Tuchan, Aguilar se dresse sur une colline modeste entourée de vignobles. C'est le plus accessible des cinq fils de Carcassonne, ce groupe de forteresses royales qui surveillaient la frontière aragonaise avec Peyrepertuse, Quéribus, Termes et Puilaurens.

Sa fonction était le guet. Depuis ses murs, la vue porte sur la plaine et jusqu'à la mer par temps clair, et des signaux pouvaient être échangés avec les autres forteresses du réseau. Le château présente une enceinte hexagonale à six tours, bâtie au 13ème siècle par l'administration royale autour d'un noyau plus ancien. Ce dispositif régulier, presque géométrique, contraste avec les plans tourmentés des châteaux bâtis sur des crêtes.

Aguilar servit de refuge aux faidits, ces chevaliers dépossédés qui menaient la guérilla contre l'occupant français. Il fut repris définitivement en 1255, l'année même de la chute de Quéribus. Après le traité des Pyrénées en 1659, la frontière recula vers le sud et la forteresse perdit sa raison d'être. Elle fut abandonnée.

La montée depuis le parking prend une dizaine de minutes. C'est la visite idéale à combiner avec une dégustation : Aguilar est cerné par les vignes de l'appellation Fitou, la plus ancienne AOC en vin rouge du Languedoc. Pour préparer vos étapes, voyez notre page sur les vins du Languedoc et le Cabardès.

La petite histoire...
Le réseau des cinq fils de Carcassonne fonctionnait comme une chaîne de transmission optique. Par signaux de feu ou de fumée, une alerte donnée à Aguilar, face à la Méditerranée, pouvait atteindre Carcassonne en très peu de temps, relayée de crête en crête. Sept siècles avant le télégraphe, le roi de France disposait sur cette frontière d'un système d'information plus rapide que le meilleur cheval.

7. Le château de Peyrepertuse, la citadelle du vertige

La citadelle de Peyrepertuse sur sa crête calcaire
Photo : H. Zell, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

À environ 1 heure du camping. Si vous ne deviez en voir qu'un, ce serait probablement celui-ci. Peyrepertuse occupe toute la crête d'un chaînon calcaire, à huit cents mètres d'altitude, sur près de trois cents mètres de long. Sa superficie approche celle de la Cité de Carcassonne, mais suspendue dans le vide.

Le site se compose de deux ensembles distincts. À l'est, le château bas, dit vieux château, avec son donjon et sa chapelle romane. À l'ouest, plus haut de soixante mètres, le château Saint-Georges, bâti sur ordre de Saint Louis après 1242. Entre les deux, une vaste enceinte épouse les irrégularités de la roche, sans jamais un angle droit : les murs suivent la falaise.

Contrairement à Termes ou Montségur, Peyrepertuse ne fut jamais pris d'assaut. Son seigneur, Guillaume de Peyrepertuse, se soumit au roi de France en 1240 après la révolte manquée de Trencavel. La place devint alors une pièce maîtresse du dispositif frontalier et fut considérablement renforcée. Ce que l'on visite aujourd'hui est donc essentiellement une forteresse royale.

Prévoyez deux à trois heures et de bonnes chaussures. La montée depuis le parking demande une trentaine de minutes d'effort réel. L'escalier Saint-Louis, soixante marches taillées à même le roc pour relier les deux châteaux, est impressionnant et peut être fermé par vent fort. Le site l'est aussi en cas d'orage : la crête est un paratonnerre naturel. Renseignez-vous le matin même en cas de météo incertaine.

La petite histoire...
Depuis les remparts de Peyrepertuse, on distingue nettement la silhouette de Quéribus, à quelques kilomètres au sud. Les deux forteresses se surveillaient mutuellement et se répondaient par signaux. L'effet est saisissant : vous voyez de vos yeux l'ensemble du système défensif fonctionner dans le paysage, ce qu'aucune maquette de musée ne rend. Beaucoup de visiteurs enchaînent les deux dans la même journée, précisément pour cette raison.

8. Le château de Puilaurens, le mieux conservé

Le château de Puilaurens perché dans la forêt, Aude
Photo : BlueBreezeWiki, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

À environ 1 heure 15 du camping. À près de sept cents mètres d'altitude, au-dessus de la vallée de la Boulzane, Puilaurens émerge d'une forêt de chênes et de hêtres. Cet écrin boisé le distingue des autres citadelles, toutes posées sur des rocs nus, et rend la montée agréable même en plein été.

C'est le mieux conservé des cinq fils de Carcassonne. Son enceinte est presque complète, avec un chemin de ronde que l'on parcourt intégralement, quatre tours et un donjon. L'ensemble donne une idée très juste de ce qu'était une forteresse royale en ordre de marche, là où les autres sites demandent un effort d'imagination.

Sa singularité est défensive. L'accès final se fait par une rampe en chicane, une série de virages serrés pris en enfilade depuis les murs : un assaillant y avançait lentement, exposé sur son flanc droit, celui que le bouclier ne protège pas. Les créneaux et les échauguettes complètent un dispositif d'une redoutable intelligence. Aucune armée ne s'y est jamais frottée sérieusement.

Comptez une vingtaine de minutes de montée par un sentier en lacets, ombragé, avec des marches aménagées. C'est l'un des sites les plus agréables du circuit par temps chaud, et l'un des rares où l'on peut envisager la visite en début d'après-midi sans souffrir. Si vous aimez marcher, découvrez aussi les randonnées de la Montagne Noire, au départ du camping.

La petite histoire...
L'une des tours porte le nom de tour de la Dame Blanche. La tradition veut qu'y ait séjourné Blanche de Bourbon, et que son fantôme hante encore les lieux. Les visiteurs sensibles aux ambiances trouveront le décor parfaitement complice : la fenêtre à coussièges de cette tour, ces bancs de pierre où l'on s'asseyait face au paysage, est l'un des rares endroits de tout le Pays cathare où l'on devine une vie quotidienne plutôt qu'une garnison.

9. Le château de Montségur, le lieu de mémoire

Le pog de Montségur et sa forteresse, Ariège
Photo : Dronehyven, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

À environ 1 heure 15 du camping, en Ariège. Montségur n'est pas le plus grand ni le plus beau des châteaux du circuit. C'est le plus chargé. Sur son pog, ce piton calcaire isolé à 1207 mètres, s'est joué l'épisode le plus tragique de la croisade contre les Albigeois.

La forteresse abritait dans les années 1230 une véritable communauté cathare, plusieurs centaines de personnes, avec ses évêques, ses parfaits et les familles de chevaliers faidits. Le village castral s'étageait sur les pentes, dont on distingue encore les terrasses. En mai 1243, une armée royale mit le siège. Il dura dix mois, sur un terrain où le ravitaillement des assiégeants était aussi difficile que celui des assiégés.

La place capitula en mars 1244. Les combattants eurent la vie sauve, mais plus de deux cents cathares refusèrent d'abjurer leur foi. Le 16 mars, ils descendirent volontairement du pog et furent brûlés sur un bûcher collectif, au pied de la montagne, à l'emplacement que l'on appelle aujourd'hui le Prat dels Cremats, le pré des brûlés. Une stèle y a été posée.

Une précision s'impose : le château que l'on visite n'est pas celui des cathares. Après la prise, la place fut rasée puis reconstruite par les vainqueurs. Les murs actuels sont ceux de la garnison royale. La montée demande une quarantaine de minutes soutenues, par un sentier raide et caillouteux. C'est l'ascension la plus exigeante du circuit ; elle se mérite, et le silence qui règne là-haut n'a pas d'équivalent.

La petite histoire...
Les ouvertures du château sont orientées de telle sorte qu'au solstice d'été, les premiers rayons traversent l'édifice de part en part. Cette particularité a nourri d'innombrables théories ésotériques, jusqu'à attirer dans les années 1930 un jeune Allemand nommé Otto Rahn, persuadé que le Graal était caché là. Ses écrits inspirèrent ensuite des recherches officielles sous le Troisième Reich. Les archéologues expliquent aujourd'hui cette orientation par des contraintes de construction bien terrestres. La légende, elle, a la vie dure.

10. Le château de Quéribus, le dernier à tomber

Le donjon du château de Quéribus au-dessus de Cucugnan
Photo : H. Zell, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

À environ 1 heure 30 du camping. Au-dessus de Cucugnan, Quéribus couronne un piton rocheux à sept cent vingt-huit mètres. Vu d'en bas, le château semble prolonger la roche, sans solution de continuité entre le calcaire et la maçonnerie. C'est l'image même de la citadelle du vertige.

Quéribus est entré dans l'histoire comme le dernier refuge de la résistance. Onze ans après la chute de Montségur, en 1255, une armée royale vint à bout de cette place tenue par Chabert de Barbaira, chevalier faidit qui abritait encore des cathares. Sa reddition marque traditionnellement la fin de la croisade, même si les historiens rappellent que le catharisme survécut clandestinement plusieurs décennies.

Le clou de la visite est la salle du pilier, au cœur du donjon. Une colonne unique y déploie des nervures gothiques en forme de palmier pour soutenir la voûte. La qualité de cette architecture, dans un lieu aussi inaccessible, étonne : il fallut hisser jusqu'ici chaque pierre taillée. Une meurtrière y laisse entrer un rayon de lumière qui se déplace au fil des heures.

La montée est courte mais raide, et le site est très exposé au vent, parfois violent dans ce couloir des Corbières. Tenez vos chapeaux et vos jeunes enfants. La combinaison avec Peyrepertuse, à vingt minutes de route, fait une belle journée. Retrouvez d'autres idées dans notre top 10 des sites touristiques autour de Carcassonne.

La petite histoire...
Le village au pied du château, Cucugnan, doit sa célébrité à Alphonse Daudet. Le Curé de Cucugnan, l'un des textes les plus connus des Lettres de mon moulin, met en scène un prêtre qui rêve que tous ses paroissiens sont en enfer et les ramène au droit chemin par la terreur. Daudet n'a jamais mis les pieds dans le village : il avait adapté un conte occitan de Joseph Roumanille. Le sermon se rejoue aujourd'hui dans le petit théâtre du village, et l'on peut donc, dans la même journée, visiter la dernière forteresse cathare et se faire promettre l'enfer.

Organiser votre circuit des châteaux cathares

Quelques conseils tirés de l'expérience de nos vacanciers. Les routes des Corbières sont belles mais sinueuses : comptez toujours un peu plus de temps que ce qu'annonce votre GPS. Partez tôt en juillet et en août, car les crêtes sont brûlantes en milieu de journée et l'ombre y est rare. Emportez de l'eau en quantité, même pour les sites annoncés comme faciles.

Le pass intersites, disponible dans la plupart des châteaux, devient vite rentable à partir de trois visites. Enfin, ne cherchez pas à tout voir : deux châteaux bien visités valent mieux que quatre parcourus au pas de course. Depuis le camping, Lastours, Saissac et Termes se font en demi-journée, ce qui laisse le temps de rentrer profiter de la piscine chauffée.

En conclusion, la visite des châteaux cathares autour de Carcassonne est un véritable voyage dans le temps. Chacun de ces châteaux offre une vue imprenable sur les paysages de l'Aude et du Pays cathare. Une question sur votre séjour ? Notre foire aux questions répond à l'essentiel.

Dormez au cœur du Pays cathare

Le Camping Le Martinet Rouge, camping 3 étoiles près de Carcassonne, vous place à moins d'une heure des principaux châteaux cathares, en pleine Montagne Noire. Mobil-homes, chalets et emplacements ombragés, piscine chauffée, d'avril à octobre.

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